
Pour la troisième année consécutive, la Macif publie, en partenariat avec le Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, son baromètre de la mobilité durable. Premier constat : malgré la crise, l’écologie fait désormais partie prenante des préoccupations des Français puisqu’elle arrive à la 4e place, la première étant l’emploi.
51 % des personnes interrogées estiment que ce sujet est prioritaire et 52 % d’entre eux se déclarent prêts à agir en utilisant un transport alternatif pour se déplacer et polluer moins. Les 18/24 ans se sentent encore plus concernés puisque ce chiffre monte à 64 % dans leur catégorie d’âge.
Que signifie transport alternatif pour les Français ? Pour 91 % des sondés, c’est le covoiturage qui se rapproche le plus de cette dénomination, même s'ils ne sont que 26 % a l’avoir testé au moins une fois. Vient ensuite le vélo-partage, mode que le Vélib’ a grandement aidé à se populariser. Ici encore, on observe un décalage entre déclarations et pratiques puisque seuls 11 % des interrogés ont déjà essayé un vélo en libre service.
Pourquoi un tel décalage ? Il semblerait que ce soit le sentiment d’insécurité qui empêche les sondés de mettre en pratique leur désir de se déplacer autrement. Seulement 37 % d’entre eux se sentent en sécurité sur un vélo au milieu de la circulation automobile et ils ne sont que la moitié à avoir confiance dans le conducteur lors d’un covoiturage.
Développer les initiatives politiques pour la mobilité durable
Il faut également souligner que les habitudes ont la vie dure puisque ce sont les automobilistes réguliers qui sont le moins enclins à se tourner vers un mode de déplacement alternatif. 66 % d’entre eux ne changeront pas leurs habitudes, soit 29 points de plus que l’an passé.
Les citoyens interrogés comptent sur l’Etat pour améliorer l’accès à une mobilité durable. 72 % pensent en effet qu’il a un rôle à jouer en la matière, faisant de lui l’acteur principal du changement, devant les opérateurs de transport, les constructeurs automobiles (55 %) et les assureurs (38 %).
Les sondés estiment ainsi que de nombreuses mesures pourraient les inciter davantage à changer leurs habitudes de déplacement et se tourner vers le durable. 73 % déclarent qu’une modification du code de la route s’impose, pour permettre notamment un meilleur partage des voies de circulation entre covoiturage, voitures et vélos. Un effort de pédagogie envers les enfants est également plébiscité sous forme de cours d’éco-conduite. Les adultes réclament aussi, pour 59 % d’entre eux, davantage de transparence avec la mise en place d’un outil comparatif temps-prix-pollution des modes de transports.Enfin, l’incitation financière reste une valeur sûre puisque 48 % des Français interrogés avouent qu’une augmentation rapide du prix du carburant les inciterait à se tourner vers des modes de déplacements alternatifs.
