
Le concept : créer une multitude de réseaux intelligents interconnectés capables de stocker et de redistribuer l'électricité produite dans une zone donnée. Ces compteurs intelligents permettent ainsi une optimisation des ressources énergétiques utilisées et offrent aux particuliers la possibilité d'autogérer leurs besoins énergétiques : les consommateurs seraient en mesure d’économiser jusqu’à 15% de leur consommation d’électricité.
Cette solution s'adapte notamment à l'usage des voitures électriques. La technologie V2G (vehicule to grid) transforme la voiture en espace de stockage et de redistribution d'énergie électrique qui pourrait même être rachetée par les grandes compagnies d'électricité. A Strasbourg, 150 points de recharge en expérimentation sont d'ailleurs "compatibles smart grid", et pourront ainsi identifier les sources d'énergies renouvelables disponibles sur le réseau.
Par ailleurs, cette solution répond au défi posé par le recours de plus en plus massif aux énergies renouvelables : si structurellement, les énergies éoliennes et solaires ne peuvent être régulières, le stockage des ressources grâce au "smart grid" permet une régulation de l'énergie produite.
Un consortium public, associatif et privé
En Europe, le 3e paquet énergie climat approuvé en avril 2009, prévoit ainsi d’équiper 80% des utilisateurs en compteurs intelligents d’ici 2020. Ce programme bénéficie d'un budget de 4 millions d’euros dont 2,4 millions d'euros venant directement de l’Union européenne. Ce n'est rien comparé aux 11 milliards de dollars que la présidence américaine a alloués au smart grid dans le cadre de son plan de relance verte.
Des aides publiques qui motivent les entreprises qui investissent massivement pour le déploiement de cette solution.
ERDF la filiale distribution d’EDF, prévoit l’installation chez les particuliers, d’ici à 2011, de 300 000 "compteurs communicants". Elle est suivie de près par le groupe japonais Mitsubishi Electric qui a présenté le 17 mai 2010, un projet de test grandeur nature d'équipements intelligents pour distribuer l'électricité.
Les géants de l'informatique comme Google, Microsoft et IBM ont montré aussi leur volonté d'investir dans cette innovation. Pour IBM, les projets de smart grids représentent l'un des plus gros flux de revenus au sein du projet Smarter planet.
L'implication de ces grandes industries montre le potentiel économique des solutions smart grids et de la modernisation du secteur des réseaux électriques. Un marché qui pourrait représenter 200 milliards de dollars (150 milliards d'euros environ) dans les cinq prochaines années, selon le cabinet Pike Research.
Encore un bel exemple qui associe développement durable et croissance économique. L'équipementier Cisco arrive d'ailleurs en tête du classement "Cool IT" de l'association Greenpeace, qui distingue les entreprises IT faisant le plus d’efforts pour diminuer leur impact sur l’environnement, pour le développement de ses infrastructures globales intelligentes.
