
Le smart grid, appelé aussi réseaux intelligents, qui apparaissait il y a quelques mois encore comme un doux rêve technologique, devient une réalité de plus en plus proche.
Cette technologie vise à interconnecter des compteurs d'électricité intelligents (smart meter) à un système d'information générale, afin de réguler la consommation d'électricité, produite par les énergies renouvelables. Ces compteurs intelligents permettent ainsi d'optimiser les ressources énergétiques en offrant la possibilité, aux villes ou aux particuliers, d'autogérer leurs besoins énergétiques.
En Angleterre, EDF Energy Network vient ainsi de présenter son projet "smart grid" pour gérer la demande en énergie renouvelable de la ville de Londres, en intégrant notamment dans le réseau électrique, les compteurs des stations de recharge des véhicules électriques.
Soutenu par le maire de Londres, Boris Johnson, le groupe cherche à obtenir une aide du "Low Carbon Network Fund" de la commission de régulation de l'énergie britannique l'Ofgem. Ce fond de 5 00 millions de livres (610 millions d'euros) a lancé un appel à projet visant à soutenir les initiatives en matière d'expérimentations "smart grid".
Cette démarche correspond, en France, à celle du Fonds démonstrateur de l'Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie), qui a justement rendu public certains des projets de réseaux intelligents retenus. Ces différentes initiatives prévoient d'implanter des réseaux de distribution d'électricité informatisés dans des zones définies, capables de stocker l'énergie produite et de la redistribuer aux heures creuses, pour une meilleure gestion des ressources.
C'est le cas par exemple, du projet REFLEXE, piloté entre autres, par Veolia environnement et Alstom power. Une centrale de gestion informatisée permettra de relier les producteurs indépendants d'énergie à un même réseau pour "équilibrer la demande en fonction des capacités de fournitures d’électricité".
Vers le recours mondial aux énergies renouvelables
Le smart grid s'intègre désormais pleinement dans des politiques de promotion des énergies renouvelables. Cette solution permet, en effet, de réguler l'électricité produite grâce aux énergies solaires et éoliennes, des modes de production structurellement irréguliers.
L'initiative de la République Tchèque est sur ce point notable. Alors qu'actuellement l'électricité est majoritairement produite par de grandes centrales hydrauliques, à combustibles fossiles où nucléaires, le gouvernement compte sur le projet "Smart Grids" pour augmenter le recours aux énergies vertes, en intégrant les flux d'électricité issus de sources renouvelables.
Par ailleurs, la Corée du Nord teste actuellement un réseau électrique intelligent sur l'île de Jeju, au sud de la capitale. Le gouvernement s'appuie sur la création de réseaux électriques intelligents pour réduire de 150 millions de tonnes ses émissions de CO2 d'ici 2013.
Enfin, rappelons qu'en Europe, le 3e paquet énergie climat prévoit d’équiper 80% des utilisateurs en compteurs intelligents d’ici 2020, tandis que les Etats-Unis ont alloué 11 milliards de dollars aux smart grids dans le cadre de son plan de relance verte.