
Laissons la chaleur brulante des métros souterrains et les éternels embouteillages, pour embarquer à bord des derniers bateaux-bus qui envahissent les métropoles.
Le projet "Beirut Water Taxi", prévoit de mettre en place une navette express qui voguerait sur les eaux de la Méditerranée. Soutenu par le Premier ministre Saad Hariri, la voie maritime pour les transports apporte à la capitale du pays, Beyrouth, une alternative à un trafic routier bondé.
A Beyrouth, ce sont 500 000 véhicules par jour qui circulent : "l'objectif est de diminuer d'au moins 25 % le flux de voitures vers Beyrouth en offrant aux employés, étudiants et touristes une solution de remplacement agréable pour se déplacer" confirme Khaled Takki, PDG de la compagnie privée en charge du projet.
Cette initiative s'inspire de navettes fluviales des grandes métropoles étrangères telles que le "Water Taxi" de New York ou le "Star Ferry" de Hong Kong.
Une voie fluviale séduisante
Un concept qui a fait son chemin à Paris où le service Voguéo est en expérimentation depuis 2008. Ce premier métro fluvial sur la Seine, qui relie la gare d'Austerlitz à Maisons-Alfort en cinq escales, est le fruit d'une étude lancée par la ville de Paris pour construire des modes de déplacement alternatifs économiques et écologiques.
Une idée semblable de métro d'eau pour Paris avait d'ailleurs permis à Juan Lin, ancienne étudiante de l'ENSCI (Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle), de recevoir une Étoile de l'Observeur du design 10, dans la catégorie "réalisation prospective".
Au cœur des mégalopoles du Sud, la compagnie Thuong Nhât (Daily Express) vient aussi de présenter un projet de création de 2 lignes de transport fluvial de 11 km de long chacune pour la ville de Hô Chi Minh. Un des représentants de la compagnie assure qu'un tel projet permettra d'attirer les touristes : "dans les grands centres urbains comme Londres, Paris, Bangkok, environ 50 % des touristes utilisent ce moyen de transport. Nous espérons que le taux de visiteurs à utiliser nos "bus fluviaux" pour visiter la mégapole du Sud, représente 30 % de notre clientèle".
Certaines villes poussent plus loin la dimension écologique de ce type de transports. La ville de Monaco bénéficie ainsi d'un bateau-bus électrique, dont le toit est recouvert de panneaux photovoltaïques permettant d’assurer 15 à 20 % de ses besoins en énergie.
Un projet nommé "Navibus" est aussi actuellement en étude pour la ville de Liège, en Belgique, afin de déterminer la faisabilité de lignes de bateaux de transport de petites dimensions avec un système de propulsion électrique ou hybride.
Le bateau-bus apparaît comme un concept tendance pour donner un visage plus agréable aux villes, et relancer le tourisme.
Une idée reprise par la société DN&T en charge de l’initiative "Navibus" : "un tel outil a enfin un grand atout touristique puisqu'il pourrait proposer des circuits fluviaux permettant de découvrir la ville sous un autre regard. Plusieurs raisons qui ont déjà convaincu bon nombre de villes (New-York, Venise, Paris, Londres, Monaco, Lisbonne,...), et qui expliquent la pleine expansion de ce mode de transport."
