
1 / Les primes à la casse en Europe (selon le rapport économique de l’UE).
France
Instaurée en 2008 et prolongée jusqu’à la fin 2010 de manière dégressive, la prime à la casse française est passée de 1000 à 700 € en janvier 2010 et sera abaissée à 500 € à partir de juillet jusqu’à la fin de l’année.
Elle est valable pour l’achat d’un véhicule neuf émettant moins de 155 g en l’échange d’un véhicule de plus de 10 ans. D’après le ministère de la Relance, environ 600 000 véhicules ont été vendus en 2009 grâce à cette mesure. Cela représente 26 % du marché des voitures particulières (2,2 millions au total) pour un coût de 600 millions d’euros.
La grande majorité des véhicules achetés dans le cadre de cette prime émettent entre 101 et 120 g/km de CO2, soit des petites voitures également éligibles au bonus écologique de 700 €. Grâce à ces dispositifs, les émissions moyennes de CO2 pour les véhicules ont diminué de 4,5 % en 2009 à 134 g (140 g en 2008 et 149 g en 2007).
Repères :
Montant : 1000 € en 2009, 700 € puis 500 € en 2010 à partir de juillet
Ancien vhe (véhicule) > 10 ans
Nouveau vhe : VP ou VUL* (160 g/km de CO2 max.)
Durée : 2008-2010
*Véhicules Particuliers et Véhicules Utilitaires Légers
Royaume-Uni
Dotée d’une enveloppe de 400 millions de Livres, la prime à la casse britannique lancée en mai 2009 s’est terminée en mars 2010. D’un montant de 2000 £, elle était financée à moitié par les constructeurs pour l’achat d’un modèle neuf (VP ou VUL), en l’échange d’un véhicule âgé de plus de 10 ans. Elle a permis d’atténuer la chute des ventes en 2009 : - 6,5 % par rapport à 2008 (près de 2 millions d’unités). Au final, 285 000 voitures ont été immatriculées grâce à cette mesure, soit 14 % du marché total.
N’imposant pas de seuil de CO2 au véhicule neuf, elle a néanmoins contribué à réduire les niveaux d’émissions. Les modèles achetés dans le cadre de la prime émettaient 133,3 g en moyenne, soit 10% de moins que les nouveaux véhicules neufs immatriculés et 30 % de moins que les véhicules destinés à la casse.
Repères
Montant : 2 000 £ dont 50% payés par les constructeurs
Ancien vhe > 10 ans
Nouveau vhe : VP ou VUL sans limite de CO2
Durée : 05/2009 – 03/2010
Espagne
Sur un marché en chute libre (- 17,9 % et - 41 % par rapport à 2008 et 2007), la prime à la casse espagnole apparue en décembre 2008 dans le cadre du Plan 2000 a limité les dégâts. Financée à moitié par les constructeurs, cette prime de 2000 € a déjà généré 125 000 immatriculations sur un total prévu de 280 000 nouveaux véhicules d’ici septembre 2010.
Sa particularité : elle s’applique pour l’achat d’un véhicule neuf de moins de 30 000 € et rejetant moins de 140 g/km de CO2, ou pour l’acquisition d’un véhicule d’occasion de moins de 5 ans, à condition que celui-ci émette moins de 149 g (160 g pour un VUL*) et que la vieille voiture ait plus de 15 ans. Si les ventes ont augmenté de 20 % au premier trimestre 2009, l’année 2010 ne devrait pas être meilleure que 2008 en raison de l’arrêt du programme avant la fin de l’année.
Repères
Montant : 2 000 € dont 50 % payés par les constructeurs
Ancien vhe > 10 ans
Nouveau vhe : VP (140 g max.), VO* (149 g max.) ou VUL (160 g max.)
Durée : 01/2010-09/2010
* Véhicules d’occasion
Pays-Bas
Oscillant entre 750 à 1750 € selon la nature du véhicule acheté (essence ou diesel) et l’âge du véhicule repris (13 ans pour un essence, 9 ans pour un diesel), la prime à la casse hollandaise avait comptabilisé 60 000 nouveaux véhicules en février 2010. Environ 27 % des voitures achetées dans le cadre de cette mesure sont des modèles neufs, la plupart équipés de moteurs essence.
La prime devrait s’arrêter en juin 2010. Mais plusieurs villes importantes ont prévu de dégager des aides supplémentaires pour éviter un retrait trop brutal, en utilisant les mêmes systèmes et conditions que le gouvernement.
Repères
Montant : de 750 à 1 000 € pour un modèle essence ; de 750 à 1750 € pour un diesel
Ancien vhe > 13 ans pour un essence et 9 ans pour un diesel
Nouveau vhe : VP ou VUL neuf ou moins de 8 ans - diesel équipé de FAP (filtre à particules)
Durée : 2009-2010
Roumanie
Pour relancer les ventes de voitures, le gouvernement roumain a instauré en mars 2009 une prime à la casse d’un montant de 3800 RON (915 €) pour le remplacement d’un véhicule de plus de 10 ans et l’achat d’un modèle neuf.
Ce programme, qui représente 57 millions d’euros, est limité à 60 000 véhicules. A la fin 2009, quelque 34 000 véhicules neufs ont été immatriculés. L’opération est reconduite en 2010, mais les règles changent avec un système de vouchers : un voucher de 950 € est accordé pour chaque véhicule mis à la casse, 3 vouchers pour l’achat d’un véhicule neuf, soit plus de 2700 € ! Ces primes sont cumulables et il n’est pas nécessaire d’être le propriétaire du vieux véhicule pour profiter de cette mesure.
Repères :
Montant : 950 € (vouchers)
Ancien vhe >10 ans
Nouveau vhe : VP ou VUL
Durée : à partir de 02/2009
Allemagne
De janvier à septembre 2009, le marché automobile allemand a connu une période d’euphorie (+ 23,2 % en 2009 par rapport 2010), grâce à la prime à la casse, l’une des plus élevée d’Europe (2500 €). Au total, 5 milliards d'euros ont été débloqués par l'Etat allemand pour financer 2 millions de primes.
Une aubaine pour le pays qui avait le parc automobile le plus vieux du continent (plus de 8 ans). Officiellement baptisée "prime à l'environnement", cette mesure était dépourvue de seuil d'émissions de CO2 ou de consommation de carburant. Il fallait se débarrasser d'un véhicule vieux d'au moins neuf ans et le remplacer par une voiture neuve ou âgée d'un an maximum.
Repères :
Montant : 2 500 €
Ancien vhe > 9 ans
Nouveau vhe : VP neuf (Euro 4) ou occasion de moins d’1 an.
Durée : 01/2009 – 12/2009
Italie
Grâce à la prime à la casse, le marché automobile italien est resté stable en 2009 par rapport à 2008, avec un peu plus de 2,1 millions de voitures vendues. Dotée d’un budget de 1,2 milliard d'euros, cette prime pouvait atteindre 5000 € pour l’achat d’un véhicule "vert".
Ainsi les modèles hybrides ou carburant au gaz (GPL et GNV) ont augmenté de 21,6 % en 2009, au détriment des modèles diesel qui ont perdu 9 et 14 points par rapport aux deux années précédentes (41,8 % de part de marché). Au final, les émissions moyennes de CO2 ont baissé de 144 g à 136 g entre 2008 et 2009, soit une baisse importante de 8 g en un an. Après avoir retiré la prime à la casse automobile à la fin 2009, le gouvernement italien a décidé d’aider d’autres secteurs de l’industrie tels que l'électroménager, le textile et notamment les deux-roues.
Repères :
Montant : de 1 500 à 5 000 € pour les VP ; de 2 500 à 6 500 € pour un VUL
Ancien vhe > 9 ans
Nouveau vhe : VP Euro 4 ou moins de 130 g pour diesel, 140 g pour les autres carburants
Durée : 02/2009- 12/2009 (immatriculations jusqu’à mars 2010)
2 / Les primes à la casse ailleurs dans le monde
Etats-Unis
Le programme "Cash for Clunkers" aura été aussi bref qu’intense aux Etats-Unis. Dotée d’une enveloppe de 3 milliards de dollars, cette prime à la casse a été épuisée en deux mois seulement, entre juillet et aout 2009. Il faut dire que la prime s’élevait à 4500 dollars (3100 €) pour l’achat d’une voiture neuve.
Au total, quelques 625 000 transactions ont été enregistrées dans cette période, augmentant les ventes de 50 % dans certains Etats. La prime n’imposant pas de restrictions en matière de CO2, les anciens véhicules (de plus de 15 ans pour la plupart) n’ont pas forcément été remplacés par des voitures peu polluantes.
Japon
En avril 2009, le gouvernement japonais a adopté une série de mesures destinées à relancer son marché automobile, parmi lesquelles une prime à la casse de 250.000 yens (1 900 euros). Basée sur des critères particulièrement stricts, cette mesure est valable pour un véhicule de plus de 13 ans et l’achat d’un modèle neuf répondant à de nouvelles normes en matière de consommation et de pollution.
Une prime de 100 000 yens (750 euros) supplémentaire est accordée pour l'achat d'un véhicule hybride ou très peu émetteur de CO2. Ces aides sont cependant divisées par deux dans le cas des "micro-voitures" de cylindrée inférieure à 0,66 litre, qui bénéficient déjà d'avantages fiscaux.
