English
Dossier du mois
  • EN BREF
  • DÉCRYPTAGE
  • FOCUS
  • EN SAVOIR PLUS
Décembre 2009

L’émergence des usages “malins” de l’automobile

L’émergence des usages “malins” de l’automobile

Partager Publier sur Twitter Publier sur Deli.co.us
L’autopartage ou la voiture en libre-service

Le principe de l’autopartage consiste à utiliser une voiture en libre-service. Ce service se veut complémentaire des autres moyens de déplacements existants, et en particulier des réseaux de transports publics (train, tramway, autobus, métro…).
 
Né en 1994 au Québec avec Communauto, l’autopartage est en plein développement. En France, de petites structures associatives ou coopératives et de jeunes entrepreneurs, mais également de grands acteurs du secteur des transports publics (Veolia, Keolis, Transdev…) ou encore des loueurs automobiles (Hertz, Avis en association avec Vinci Park) se sont lancées dans la bataille. Toutes les grandes villes - et communautés urbaines – encouragent ce nouveau mode de déplacements au point d’en prendre les commandes comme à Lyon (France) où l’autopartage est désormais géré par la Société d'économie mixte Lyon Parc Auto. Le nombre d’utilisateurs augmente de façon importante et pourtant la France ne compte aujourd’hui que 10 000 clients environ. Ce chiffre est près de dix fois plus élevé en Suisse où Mobility représente la première entreprise d’autopartage en Europe.

On sait que la municipalité de Paris, forte du succès de Vélib, a pour projet de développer Autolib’ : elle devrait mettre 4 000 voitures électriques à la disposition des Franciliens à partir de 2010. Différence essentielle entre l’autopartage traditionnel et Autolib’, tel que le service est prévu : dans le premier cas, le véhicule doit impérativement être remis au point de stationnement où il a été pris, alors que, dans le second cas, le principe est de rendre le véhicule dans n’importe quelle station Autolib’.
 
L’avenir de ce nouveau mode de mobilité semble en tout cas assuré dans l’hexagone. Des études d’impact écologique viennent en renforcer sa crédibilité : à titre d’exemple, l’Office fédéral (Suisse) de l'énergie estimait en 2006, que les clients de Mobility économisent 4,8 millions de litres de carburant par an. La première étude menée au Québec en 2007 a démontré quant à elle que les 11 000 usagers de l’autopartage avaient évité le rejet dans l’atmosphère de 168 000 tonnes de C02. Plus simplement, on estime qu’une voiture partagée remplace 8 à 10 voitures. On comprend que l’autopartage soit entré dans le champ politique.

Comment ça marche ?
 
Il existe plusieurs systèmes d’autopartage, mais partout dans le monde, ils reposent sur les mêmes principes.
 
S’enregistrer
Il faut d’abord être adhérent et sociétaire ou abonné (selon le statut de l’entreprise d’autopartage). Autrement dit le "pass", la carte à puce qui permet d’ouvrir la voiture que l’on souhaite emprunter, n’est activé qu’une fois enregistrés un numéro de permis de conduire (valide), un justificatif de domicile et des coordonnées bancaires.
 
Réserver
La réservation s’effectue en ligne ou par téléphone, souvent jusqu’à quelques minutes avant de récupérer le véhicule. La réservation est confirmée par courriel et/ou par SMS. Elle peut être annulée ou modifiée.            

Rouler
L’adhérent présente son “pass” devant le lecteur visible derrière le pare-brise (généralement côté conducteur) afin d’ouvrir les portes. Il trouve la clé de démarrage et, éventuellement, la carte de parking à l’intérieur du véhicule. Avant de prendre la route, il établit un “état des lieux“ (un “carnet de bord“ est prévu à cet effet).    

Rendre le véhicule
Le véhicule doit être déposé là où il a été pris. Le terminal de bord permet de valider l’heure de retour. La voiture doit être propre et compter un minimum de 1/3 de carburant dans le réservoir. Il existe, dans chaque véhicule, une “carte carburant“ aux couleurs d’un pétrolier, qui permet de refaire le plein gratuitement dans ses stations-service. On peut aussi payer le carburant et se faire rembourser sur présentation de la facture.

Payer
Les abonnés paient une cotisation mensuelle qui leur permet d’obtenir des tarifs préférentiels, mais il est souvent possible d’être adhérent — et par conséquent possesseur d’un "pass" sans être abonné.
 
Le prix à payer à chaque fois que l’on utilise le service est calculé en fonction du type de véhicule (mini-urbain, urbain, monospace, utilitaire…), de la durée de la réservation et du kilométrage parcouru. Les tarifs peuvent aussi tenir compte des tranches horaires d’utilisation (c’est souvent moins cher, voire gratuit la nuit).

Qui sont les clients de l’autopartage ?
 Il n’y a pas de “profil type” du client de l’autopartage, mais les études qui ont été faites par différentes entreprises, en France, en Europe ou au Québec, montrent qu’une majorité d’entre eux est âgée d’une trentaine d’années (25-34 ans). Le nombre de seniors (55 ans et plus) est celui qui croît le plus vite. Deux “autopartageurs” sur 3 ont fait des études supérieures (Bac + 3) et la moyenne de leur revenu est de l’ordre de 2000 euros par mois. La plupart des clients témoignent souvent d’une une forte “conscience écologique” et n’ont pas de voiture personnelle - ou s’ils en ont une, ils sont prêts à la vendre.
 
L’autopartage est une solution de référence pour les “petits rouleurs“ (moins de 10 000 km/an). Elle permet d’économiser les frais de maintenance, de parking, d’assurance… et même de carburant puisque les formules d’autopartage sont toujours “assurance et carburant compris“. Les adhérents qui utilisent quotidiennement les transports en commun - et/ou le vélo - pour leurs déplacements en ville, bénéficient de prix particulièrement attractifs chez les loueurs automobiles courte durée “partenaires” (pour partir en week-end ou en vacances par exemple).
 
De plus en plus d’entreprises - et même de collectivités territoriales comme c’est le cas dans la province de Québec, pour les villes de Québec et de Gatineau - incitent leurs employés et leurs agents à recourir à l’autopartage plutôt que d’utiliser des voitures de fonction ou de service.
 
L’autopartage est également une solution qui a sa place dans les plans de déplacement d'entreprise (PDE), une démarche qui consiste à favoriser les modes de transports alternatifs à la voiture individuelle pour les déplacements liés aux activités professionnelles.


Qu’est-ce que le covoiturage ? 
 
Le covoiturage permet à des personnes effectuant le même trajet, occasionnellement ou régulièrement, de partager un véhicule. C’est un moyen de transport qui se développe non seulement pour les particuliers - notamment à l’occasion de départ en week-end ou en vacances -, mais également pour les salariés d’une même entreprise ou d’entreprises installées sur le même site. Le covoiturage est de plus en plus souvent inscrit dans les Plans de déplacements Entreprises (PDE) et ainsi encouragé par les pouvoirs publics comme par les grandes et les moyennes entreprises.
 
L’intérêt du covoiturage ? Les utilisateurs voyagent à bon prix puisque les frais de carburant sont partagés et le nombre de voitures en circulation est limité, ce qui diminue les bouchons ainsi que la pollution automobile. Ce système permet également de réduire les risques d’accidents de trajet qui coûtent très chers à la sécurité sociale.
 
Le covoiturage est inégalement pratiqué selon les pays. D’abord apparu aux Etats-Unis dès la crise pétrolière de 1973 grâce au dynamisme d’associations locales, il ne se développera généralement en Europe que dans les années 90. Parmi les pays les plus à la pointe figurent les Pays-Bas - qui ont investi très tôt dans des campagnes nationales d’informations -, l’Allemagne et la Belgique, qui fournit une base de données nationale sur laquelle chaque entreprise peut organiser son covoiturage.
 
La France ne s’est intéressée au covoiturage que tardivement : une enquête Sofres montre que la pratique du covoiturage a émergé  à l’occasion grandes grèves de 1995, passant, en Ile de France, de 6 à 11% dans les déplacements domicile-travail.  Pourquoi ce retard ? Premièrement, à cause de la multiplicité et la diversité des acteurs et des sites internet de covoiturage. Deuxièmement, parce que, contrairement à d’autres pays, les collectivités locales ont tardé à soutenir les associations de covoiturage (vers les années 2000).

Aujourd’hui, même si le covoiturage semble gagner du terrain, les Français ne sont
que 2% à indiquer partager régulièrement un véhicule (pour 70% déclarant utiliser leur véhicule pour aller travailler).
 
Voir tous les dossiers

Toutes les interviews

You need Flash player 8+ and JavaScript enabled to view this video.
Toutes les interviews