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« Le véhicule électrique vu dans un système global »

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Le 22 mai 2012 se tenait au Sénat un débat organisé par l’AVERE-France sur le thème de l’insertion du véhicule électrique dans le monde actuel. En d’autres termes, comment penser le véhicule électrique dans un système global, avec toutes les contraintes qui y sont attachées ?

Pour apporter des éléments de réponse trois spécialistes du véhicule électrique avaient été conviés : Louis Nègre, sénateur, et auteur du livre vert sur les infrastructures de recharge électrique, André Broto, directeur général adjoint de Cofiroute, et Jean-Marc Jancovici, directeur associé chez Carbone 4.


Durant une heure et demi, les trois intervenants ont débattu, apportant des éclairages différents mais toujours pertinents sur le sujet.


Trois intervenants, trois points de vue


C’est Louis Nègre qui a débuté la matinée avec un chiffre un peu douloureux pour les constructeurs automobiles : au premier trimestre 2012, seules 1494 voitures électriques ont été vendues. Selon lui, ces véhicules connaissent une montée en puissance assez lente en raison de leur prix d’annonce, et de la question de la sécurité, bien que les constructeurs ait fait de réels efforts sur ce point (voir à ce sujet notre ZE le Mag consacré à l’interview de T. Koskas sur la question des batteries). Mais deux avantages incontestables du véhicule électrique devraient selon lui convaincre les Français de se tourner à terme vers la mobilité électrique : l’absence de bruit, et surtout son caractère non polluant. Quand 40.000 morts prématurées par an sont dues à la mauvaise qualité de l’air, opter pour la solution électrique paraît une alternative pertinente.


André Broto s’est quant à lui plus longuement étendu sur l’aspect social, non pas de la mobilité électrique, mais de la mobilité en générale, en partant d’une constatation assez simple : en France le maillage des routes est très fin. Un chiffre ? Pour 1km2 de territoire, on trouve deux kilomètres d’infrastructures routières. Il s’est par ailleurs attaché à souligner l’évolution des comportements des Français en matière de mobilité (à ce sujet, nous vous recommandons la consultation du baromètre MACIF 2011) Son intervention s’est achevée sur l’émergence d’initiatives bottom-up, comme le co-voiturage ou l’autopartage, moins chères, et plus écologiques !


Pour terminer, le débat s’est conclu par l’intervention de Jean-Marc Jancovici. Son discours, plus axé sur les énergies déployées dans le secteur de la mobilité, était aussi plus pessimiste. Selon lui, il est clair que la voiture électrique présente un avantage écologique puisqu’elle ne consomme pas de pétrole. Mais il convient de se poser la question de la fabrication de ces véhicules, beaucoup moins écologique. Jean-Marc Jancovici a également évoqué la production de l’électricité nécessaire à ces véhicules si toute la France passait à l’électrique. En effet, entre le charbon, le gaz, le nucléaire et l’éolien, quelle serait la meilleure solution ? L’éolien ne tombe finalement pas sous le sens, puisque assez peu efficace pour l’instant selon lui, le charbon comme le gaz sont polluants, et le nucléaire, sujet polémique, pose de nombreux problèmes écologiques et sociétaux.


Alors que retenir de ce débat ? Tout d’abord que le véhicule électrique est l’avenir de la mobilité. Mais qu’il reste encore de nombreux problèmes à régler avant que tout le monde s’y mette, notamment du fait de son accessibilité, reste également en suspens la question de sa production par les constructeurs et de l’efficacité énergétique du système à terme.

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