
Comme tous les vieux de la vieille, on ne me la fait plus. Je sais que la consommation de l’essence augmente en proportions dramatiques dès que la flèche du compte-tours atteint son niveau le plus haut. Je sais que ralentir et accélérer gaspille de l’essence. Je sais que c’est principalement en anticipant et en observant autour de nous qu’on pourra améliorer notre score en termes de litres par kilomètre.
Si bien que j’accueille ma leçon avec un certain scepticisme. Qu’est-ce que je pourrais bien apprendre en trente minutes qui pourrait vraiment faire une différence ?
Mais j’avais tout faux, comme la suite l’a démontré. Vraiment tout faux.
Mon moniteur relie son ordinateur portable à notre Renault Clio Eco2, une super mini spécialement équipée, 1,5 litre diesel, qui affiche officiellement une empreinte carbone de 98 g/km et 3,7 litres pour 100 km. Nous plongeons alors dans le trafic parisien, en suivant une boucle de 5 km de routes urbaines très fréquentées. Objectif : évaluer ma performance, sans plus d’indications.
Quinze minutes plus tard, retour au point de départ, le portable annonce la bonne nouvelle. J’ai atteint 5,8 L/100 km. Pas mal pour une conduite en ville.
J’attends que mon moniteur dissèque les erreurs dans mon jeu de jambes ou qu’il réprimande mes changements de vitesse, mais à la place, il se lance dans une leçon de base sur la physique, des trucs qui me ramènent plus de 30 ans en arrière. Le principe de continuité de la quantité de mouvements et les effets de la gravité, le tout appliqué aux pentes et feux tricolores parisiens.
Nous voilà repartis, il me précipite dans un flot d’indications : choisir une queue où se trouve le moins de voitures ; maintenir une vitesse constante ; maintien du compte-tours en dessous de 2.000 tr/min ; le stabiliser à un peu plus de 1.000 tr/min ; en ligne droite, passer de la troisième à la cinquième jusqu’à 50 km/h ; réduire les gaz en descente ; accélérer tout en surveillant le compte-tours dans les montées.
J’ai du mal à saisir une de ses instructions : freiner alors qu’on est encore à une bonne distance d’un feu rouge. Il me semble que c’est une erreur, car ça doit être moins économique que de ralentir et d’avancer en roue libre jusqu’au feu pour s’arrêter. Mais en fait le freinage anticipé permet de prolonger votre approche, ce qui vous évite ensuite d’avoir à vous arrêter. Si vous êtes toujours en mouvement alors que le feu passe au vert, vous pouvez réaliser de sacrées économies en essence. Traduction d’un point de vue physique : réduire la cadence plus tôt permet de conserver une meilleure cadence après. Et c’est ainsi que j’ai raté mon coup en freinant trop mollement, si bien que mon moniteur a tiré d’un coup sec le frein à main. Et la magie s’opère. La voiture ralentit sans s’arrêter, le feu change et je traverse le carrefour sans avoir à passer par le terrible royaume de la première vitesse, reine des pompeuses.
Retour au point de départ pour la seconde fois, le portable révèle une nouvelle encore plus positive. Cette fois, j’ai atteint 4,4 L/100 km. Une colossale amélioration de 25 pour cent.
Mon moniteur me demande à combien s’élève ma facture d’essence mensuelle. Puis il suggère effrontément de lui donner 25 pour cent de cette somme comme pourboire, en acompte des économies d’essence que je vais à l’avenir réaliser grâce à sa petite leçon.
J’arrive à m’en sortir sans payer, mais je ne peux pas m’empêcher de revenir sur ces deux décennies d’automobile. Je me demande combien représenteraient 25 pour cent de tous mes anciens pleins d’essence… pas uniquement en argent trébuchant, mais en milliers de litres et tonnes de CO2.
Lem Bingley est directeur du contenu de BusinessGreen.com, un site de nouvelles et d’analyse pour les entreprises s’intéressant à la durabilité. Il tient également un blog personnel, GreenMotor.co.uk, qui se consacre aux voitures électriques, hybrides et économiques en carburant.


Coligny
6 septembre 2010
http://www.audi.de
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