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22/04/2011
Chris DeMorro

La conduite verte peut-elle rimer avec plaisir ? Démonstration…

Gas 2.0

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J’ai toujours adoré les voitures, et les belles berlines du pays de l’Oncle Sam n’ont pas de secret pour moi. Dès qu’on évoque les modèles américains, je suis capable de vous réciter, aussi bien statistiques, tailles de moteur que modèles d’exception. Et bien que les normes sur les émissions et autres taux d’assurance aient signé leur arrêt de mort, nombreux sont ceux qui en garde un souvenir vibrant, au point de payer des centaines de milliers de dollars pour des exemplaires rares et en parfait état.


Mais quel est le rapport entre ces véhicules traditionnels et les voitures dites « vertes » ?

C’est très simple. Si les fabricants automobiles veulent vendre des véhicules électriques, roulant à partir de biocarburants ou d’autres carburants alternatifs, il leur suffit de les rendre un peu plus sexy en les dotant d’une technologie moderne et d’une véritable vivacité. Ce ne serait pas si difficile à mettre en place, et voici pourquoi…

 

Prenez des carburants comme le propane, le gaz naturel ou, bien sûr, l’électricité. Ils pourraient se révéler bien plus performants que ceux qu’on trouve dans les stations-essences traditionnelles. Tout d’abord, propane comme gaz naturel présentent un indice d’octane nettement supérieur, et leur combustion est bien plus propre que celle du gasoil. N’importe quel pilote de course vous expliquera qu’un indice d’octane supérieur permet de bénéficier d’un taux de compression plus élevé et de gagner en vitesse. Cela se vérifie également pour l’éthanol, qu’il s’agisse d’E15 (que la NASCAR - principale association américaine réglementant les courses automobiles de stock-car aux Etats-Unis, utilise désormais) ou d’E85.

 

Les capacités des véhicules électriques sont encore plus prometteuses.

Parmi les pièces les plus chères qui entrent dans la fabrication d’un moteur de course, on compte par exemple des bielles en titane qui peuvent atteindre 10.000 $ pièce (environ 14.500 € au taux actuel). Or, un moteur électrique est infiniment plus simple qu’un moteur à combustion interne, et il offre une pleine puissance réelle à 0 tr/min. Même les moteurs de course les plus coûteux n’en sont pas capables et, comme vous le dira n’importe quel conducteur d’une Tesla Roadster, les frissons provoqués par cette même puissance réelle sont tout droit hérités de ces belles américaines ou autres Lamborghini. Nissan a eu la même bonne idée avec le concept ESFLOW, reste à savoir quand la production sera lancée...

 

Même les modèles hybrides affichent de belles performances. Il suffit de regarder par exemple la 911 GT3 R Hybrid de Porsche, qui utilise un système de récupération de l’énergie cinétique (KERS) stockant l’énergie produite par les freins pour l’injecter ensuite au niveau du volant moteur. Lorsqu’il double un autre véhicule, le conducteur appuie sur un bouton pour décupler la puissance du véhicule.

 

Voilà une hybride susceptible d’enthousiasmer les foules ! Il suffirait qu’un constructeur propose un modèle alliant prix et plaisir, et les ratés de la Toyota Prius seraient vite oubliés.

 

Je ne dis pas que la Prius n’intéresse personne, bien au contraire. On ne peut, en effet, qu’être impressionné par l’engouement suscité par cette voiture, dont le seul argument de vente repose sur sa basse consommation, et qui parvient à rassembler des millions de fans à travers le monde. Ceci dit, bon nombre d’acquéreurs avaient probablement l’intention d’acheter un véhicule hybride quoi qu’il arrive...

 

La prochaine étape vers un parc automobile plus vert consiste à convaincre les fous de vitesse que les hybrides, électriques et autres véhicules alternatifs peuvent être rapides, rutilants et agréables. Ces gens-là s’inquiètent rarement des économies de carburant, il faut donc leur parler performance !

 

En conclusion, si les constructeurs automobiles veulent être sûrs de vendre des voitures « écologiques », ils doivent les styliser, les rendre attirantes, plutôt que de s’en tenir au simple  argument environnemental, appelant à la bonne conscience des conducteurs. 

 

Si tout le monde n’est pas sensible à l’annonce d’un taux d’émissions par kilomètre, chacun peut, en revanche, apprécier une Mustang aux jolis contours ou la pureté de ligne d’une Porsche. Faites-les prendre de la vitesse, rendez-les propres, et il ne fait aucun doute que même les fous du volant comme moi ne tarderont pas à choisir un modèle hybride de 300 chevaux.

 

Chris DeMorro est un écrivain free-lance et passionné de mécanique automobile et de voitures, de l'hybride au moteur HEMI. Il est le rédacteur en chef de Gas2.org, un blog consacré aux carburants alternatifs où est envisagé un futur sans pétrole.

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