English
Les blogs invités
21/09/2011
Chris DeMorro

Pourquoi les fanas de la voiture doivent soutenir les transports publics

Pourquoi les fanas de la voiture doivent soutenir les transports publics

Partager Publier sur Twitter Publier sur Deli.co.us

Je ne prends pas le bus. Je prends rarement le train, car il me faut 45 minutes pour arriver jusqu’à la gare. Je marche parfois, mais je n’ai même pas de vélo. En fait, dans 99 % des cas, je prends ma voiture. Et j’adore conduire. La plupart du temps.


Je vis dans le nord-est des Etats-Unis, et plus particulièrement dans le Connecticut. Cet état est parmi les plus riches et les plus peuplés des Etats-Unis et je pense que ça devrait vouloir dire qu’on devrait bénéficier des meilleurs transports publics, si ce n’est du pays, du monde.

Mais ce n’est pas le cas.

 

La médiocrité de notre système de transports publics n’est rien à côté du trou béant que constituent ces derniers. J’habite à New Britain qui se situe à environ à quinze kilomètres de la capitale, Hartford. La route principale reliant Hartford à New Britain est le couloir I-84… qui est régulièrement en tête des portions d’autoroute les plus encombrées des U.S.A.

 

Aux heures de pointe, le matin et la nuit, cette route se transforme pratiquement en parking où 175 000 voitures tentent de faire leurs trajets quotidiens. Pour un état comptant tout juste 3 millions d’habitants, cela représente une part non négligeable de sa population qui se retrouve sur une autoroute archaïque dont la durée de vie prévue a été dépassée il y a déjà plus de dix ans. Cette route est un véritable cas d’école de choses à ne pas faire : il suffit  de regarder d’un peu plus près sa construction, l’étroitesse de ses points d’étranglement (passer de six voies à deux en moins de deux kilomètres), son nombre incroyable de sorties sur la gauche, la raideur de ses nombreux changements d’altitude et l’absence totale de route droite. Ce qui revient à dire que nous roulons sur les montagnes russes d’une autoroute délabrée et vieille, conçue au départ pour accueillir seulement la moitié des voitures qu’elle charrie aujourd’hui. On ne peut pas dire que sa conduite soit spécialement encourageante ni même agréable.

 

Arrivés à ce point, vous vous demandez sans doute le rapport en tout ce qui précède et la semaine européenne de la mobilité. Comme toute personne aimant les voitures (plus particulièrement les grosses cylindrées américaines) et adorant conduire (ça me calme et m’aide de temps en temps à réfléchir sur ma vie), je ne suis pas vraiment le mieux placé pour discuter des transports publics, si en plus on part du principe que je n’en ai entendu parler que dans la littérature et les manuels scolaires.

 

Je suis en revanche en mesure de prouver mon désir d’avoir un meilleur système de transports publics aux Etats-Unis. À mon seul et unique profit, bien évidemment.

 

Car chaque personne prenant le bus ou marchant, ou arrivant au travail à vélo, signifie une voiture en moins sur la route. Et les embouteillages sont un problème universel qui ne se limite pas à l’Amérique (même si nous excellons dans l’art de conduire comme des touristes).  

Donc peut-être que cet article n’est pas pour vous, mais plutôt à un membre de votre famille, ou à votre ami, ou à un collègue de travail qui déteste plus que tout les transports publics. Ou encore à ceux qui peuvent activement s’opposer aux initiatives des transports publics, comme par exemple un petit groupe de détracteurs bruyants qui essaient actuellement de bloquer la proposition en faveur d’un système de chaussée rapide réservée aux bus entre Hartford et New Britain.

 

Cette voie spéciale pourra transporter quelque 16 000 personnes par jour et soulager la I-84 de 5 000 voitures en période de pointe, si les prévisions s’avèrent exactes. Si elle s’accompagne d’un coût plutôt élevé de presque 600 millions de dollars (440 millions d’euros), elle réduirait le trajet entre Hartford et New Britain à seulement 20 minutes, même aux heures de pointe, et une voie spécialement réservée aux bus permettrait de contourner la I-84… et de mettre gentiment en boîte les dingos qui continuent à rester scotchés à leurs voitures.

 

Je dis dingos parce que même si j’adore conduire, je déteste les embouteillages. Ils anéantissent le sentiment de liberté que procure une route ouverte. Et je suis à 100 % d’accord avec (presque) tous les projets qui pourraient encourager ceux qui n’aiment pas conduire à sortir de leurs voitures, des routes mais aussi de mon chemin.

 

Car si nous restons accrochés à nos volants, c’est parce qu’aux Etats-Unis la plupart d’entre nous n’a pas le choix. Et les gens sont dégoûtés de voir leur plaisir de la conduite s’élimer à force de se retrouver dans les bouchons. Je n’ai pas à prendre la route tous les jours pour faire les mêmes trajets, donc je peux encore éprouver un certain plaisir à prendre ma voiture. Mais je pense quand même aux autres qui en quittant la route, retrouveraient le bonheur de ne plus avoir à conduire n’importe comment.

 

Car à la fin de la journée, moins nous serons nombreux sur les routes, plus la route sera accessible aux vrais fanas de la conduite. N’est-ce pas convaincant ?

 

Chris DeMorro est un écrivain free-lance et passionné de mécanique automobile et de voitures, de l'hybride au moteur HEMI. Il est le rédacteur en chef de Gas2.org, un blog consacré aux carburants alternatifs où est envisagé un futur sans pétrole. 


gp
29 septembre 2011
www.green-e-motion.fr
"Un argument de plus en faveur du TC en effet. Surtout vu depuis l'Amérique du Nord où il est vrai, le mot misère ne suffit pas à qualifier le niveau de dvlpt des réseaux de TC. Pour un francilien en revanche, qui malgré l'abondance des moyens consacrés aux TC depuis de nombreuses années déjà, pas sûr que la démonstration soit très convainquante... Car le TC ne régle pas tout. Encore faut-il un aménagement du territoire cohérent et efficace. Ce que l'Amérique du Nord ignore également. M. Obama ferait mieux de se concentrer sur la qualité de vie de ses citoyens, notamment en matière de déplacement, pour tenter de sauver son pays de la crise plutôt que de continuer à encourager la construction et le dvlpt urbain "anarchique"... en continuant à encourager par là l'usage de la voiture, aussi ringard soit-elle désormais..."
0 personnes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
Ce commentaire vous a-t-il été utile ?
Oui Non
Donnez votre avis
1 2 3 4
Saisissez les caractères qui s'affichent dans l'image
Saisissez les caractères qui s'affichent dans l'image *
* Champs obligatoires
Les commentaires sont soumis à modération avant publication.
Tous les articles