
Lorsque l’on évoque la « mobilité à l’italienne », nombreux sont ceux qui l’associent à la même image persistante : Ferrari, Lamborghini, Maserati… ces icônes italiennes (représentantes de la haute couture de l’industrie automobile) sont les exemples mêmes de la culture automobile qui fait la part belle à l’esthétique, la virilité, la puissance et le statut social.
Pourtant, malgré ces stéréotypes communs, on assiste aujourd’hui à un changement de mentalité en termes de déplacements. Le rapport 2011 réalisé par ACI-CENSIS laisse entrevoir que la voiture perd peu à peu son image et que nombreux sont les Italiens à vouloir privilégier d’autres formes de mobilité. Les tendances clés sont les suivantes :
1. La baisse des ventes de voitures en Italie
Les ventes de véhicules neufs ont chuté en Italie de 26,7 % au mois de mars, plaçant le marché automobile italien au niveau le plus bas de l’Europe. Les prévisions actuelles montrent par ailleurs que les ventes de cette année atteindront leur niveau le plus bas en Italie depuis 1983. Si cette baisse s’explique plus particulièrement par les mesures d’austérité et le niveau élevé du chômage, elle traduit également un changement de dynamique des consommateurs. Selon Frost & Sullivan, les achats des jeunes Italiens sont de plus en plus conditionnés par leurs préoccupations environnementales.
2. Hausse de fréquentation des transports publics
Le nombre de passagers ayant utilisé les transports publics a, cette année, augmenté d’environ 30 % dans des villes comme Milan, Rome et Turin. La marche et le vélo ont également le vent en poupe (plus particulièrement dans les villes de plus de 200.000 habitants).
3. Le boom du covoiturage
La hausse du prix du carburant et une plus grande sensibilité environnementale encouragent également de nombreux Italiens à faire du covoiturage. Carpooling.com, le réseau de covoiturage le plus important au monde, a signalé une hausse de 76 % dans les trajets en Italie, comparé à l’année dernière. Le soutien apporté par le gouvernement local s’avère être également un facteur clé dans la croissance du covoiturage de la péninsule. Les organisations gouvernementales et les agences de la mobilité de Parma, Piacenza, et Bolzano sont les premières à avoir encouragé le covoiturage à niveau local.
Avec plus d’un milliard de voitures dans le monde, les embouteillages causent de plus en plus de problèmes, et sont responsables de l’important gaspillage de carburant, de l’augmentation de la pollution et des milliards que dépense l’économie mondiale. Les pays comme l’Italie nous montrent que les défis économiques peuvent être l’occasion de réfléchir à des solutions plus intelligentes, moins coûteuses et plus écologiques. Aujourd’hui, la population se montre davantage prête à partager, à être plus mobile, et à adapter ses habitudes de déplacement aux questions écologiques – une tendance qui va continuer à progresser en 2012.