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Pour une approche systémique des nouvelles mobilités : réflexion autour de l’importance des territoires dans le développement des alternatives au véhicule classique multifonction.

Axel Villareal - Doctorant en Sciences Politiques - Le blog du Gerpisa
Auteur : Axel Villareal - Doctorant en Sciences Politiques - Le blog du Gerpisa
Date de publication : 24/11/2010
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Lors de la 182e journée du GERPISA qui s’est déroulée durant le mondial de l’automobile, Olivier Paul-Dubois-Taine, ancien ingénieur des Ponts et chaussées, a brossé un panorama complet des nouveaux besoins de mobilité et des mutations sociétales nécessaires pour en favoriser l’émergence.

Son étude, basée sur différentes statistiques officielles (ADEME, CES, CAS, …) montre les tendances lourdes qui poussent nos sociétés à se tourner vers de nouveaux modes de mobilités. Sans entrer dans les détails numériques évoqués lors de sa présentation (Cf : Compte rendu de la journée sur le site http://gerpisa.org/ ou le blog http://leblog.gerpisa.org/), Olivier Paul-Dubois-Taine a montré la nécessité de repenser nos modes de mobilités actuels et de proposer des solutions.


Ne reposant pas seulement sur les individus et leur comportement individuel, les nouvelles mobilités sont surtout l’affaire des hommes politiques locaux et des citoyens. Pour éviter les disparités sociales liées à l’accès à la mobilité (les ménages ne disposant pas d’alternative à la voiture et ayant des ressources limitées), il est important de ne pas penser le développement durable comme une simple responsabilisation individuelle, mais comme une réinterrogation de l’organisation des nos espaces urbains et de nos modes de vie.


Il est courant d’entendre que le développement des transports en commun peut contribuer à apporter une solution durable au problème, or, comme l’a montré Olivier Paul-Dubois-Taine, celle-ci est loin d’être optimale. L’augmentation du nombre de bus et des circuits de ramassage engendrerait indéniablement un accroissement significatif des émissions de CO2 par habitant, sans pour autant apporter une réelle amélioration de la mobilité des personnes (cf : le compte rendu de la journée).


C’est donc à la fois la technologie, le territoire et le tissu social qu’il faut interroger car la mobilité ne doit pas être conçue simplement comme la capacité à faire des kilomètres, mais comme un moyen de se rendre vers les diverses commodités qui caractérisent la vie quotidienne : l’emploi, la culture, la vie sociale, l’approvisionnement, … En d’autres termes, la mobilité interroge notre organisation territoriale, qui doit être pensée en termes d’accès aux services. Pour cela, il est possible d’agir sur différents leviers parmi lesquels le développement de véhicules plus performants en coût et consommation, la mise en place de services de mobilité permettant une utilisation rationnelle de ces nouveaux véhicules (covoiturage, autopartage, …) ainsi que le développement des télécommunications à distance (télétravail, livraison à domicile, …) sont les plus importants.


De la même manière et sur le plus long terme, il faut également repenser l’accessibilité aux services en fonction des territoires concernés et trouver de nouvelles marges d’adaptation pour favoriser la mobilité du plus grand nombre. Se concentrer sur la substitution et la limitation des véhicules n’est pas une solution unique. Il faut repenser la totalité du système. L’accessibilité de l’habitat et des territoires est une question clé et la localisation des services quotidiens doit être organisée, repensée et planifiée. Pour cela, il parait pertinent de recentrer nos activités sur des bassins de vie et des pôles de service de proximité, limiter et raisonner l’usage quotidien de véhicules moins encombrants, moins consommateurs et moins polluants qu’actuellement.


Comme le souligne Olivier Paul-Dubois-Taine, l’automobile ne doit plus être le point d’accès central de la mobilité. Les mutations sociales et technologiques doivent être pensées dans un système combinant les différents aspects que nous avons évoqués. Cela signifie que la rupture représentée par l’apparition de nouveaux modes de mobilité ne peut se développer sans l’aide des pouvoirs publics et une communication intense pour responsabiliser les acteurs locaux et les citoyens. Bien que le développement de véhicules électriques et de nouveaux services puisse conduire à l’apparition de nouveaux opérateurs porteurs de solutions d’avenir, il est important que les Etats contribuent à développer cette tendance. Ils devront de toutes manières la gérer tôt ou tard.


Axel Villareal est doctorant en Sciences Politiques, co-rédacteur du blog du GERPISA (Groupe d'Etude et de Recherche Permanent sur l'Industrie et les Salariés de l'Automobile)

14/12/2010
"d'abord le levier de l'urbanisme, puis celui de la technologie et enfin le levier fiscal et comportemental : que d'évolutions sociétales à perspectives en effet!"
Sophie
30/11/2010
"Article très intéressant. Il ne s'agit pas uniquement de changer nos moyens de transport, il faut aussi revoir nos modes de vie."
rémi
29/11/2010
"Une réflexion très pertinente à mon sens. Bravo."
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